Le quartier
Le pont, le port, le comptoir
Chez CASA a posé ses tables au cœur du vieux quartier portuaire de Chicoutimi. Deux voisins racontent ce coin de ville depuis plus d'un siècle : le pont Sainte-Anne qui enjambe le Saguenay, et le vieux port d'où la ville est partie.
Enjamber le Saguenay
Le pont Sainte-Anne
Bien avant le pont, dès 1865, les gens de Chicoutimi et de Sainte-Anne traversent le Saguenay en chaloupes et en chalands. En 1874, un traversier à vapeur régularise la traversée — et l'hiver, on franchit le fleuve sur des ponts de glace, quand la saison le permet.
L'idée du pont germe dès 1896, portée par Honoré Petit — cultivateur, préfet, maire de Sainte-Anne et député provincial. Il faudra trente ans de discussions : ce n'est qu'en 1926 que les études techniques sont menées, sur quatre sites possibles — celui de la rue Sainte-Anne est retenu. La même année, la centrale d'Isle-Maligne à Alma bouleverse le régime du fleuve et rend le pont une nécessité réelle.
En août 1931, les entrepreneurs locaux Desantis et Gagnon & Tremblay débutent les approches; la firme A. Janin & Cie entreprend les piliers dès novembre. Le pont ouvre en 1933 : 2 995 pieds de long, reliant la rue Sainte-Anne à Chicoutimi-Nord, au coût de 1,2 million de dollars — une somme considérable pour l'époque.
Sa travée pivotante de 375 pieds était alors la plus longue d'Amérique du Nord et la deuxième au monde. Elle n'a pivoté que quelques fois entre 1933 et 1957, pour laisser passer les navires. Aujourd'hui, le pont demeure l'emblème de Chicoutimi — et depuis quelques années, il s'illumine le soir venu.
Là où la ville a pris l'eau
Le vieux port de Chicoutimi
Le port de Chicoutimi prend forme au tournant des années 1930, à l'embouchure de la rivière Chicoutimi — non loin du comptoir de traite qui a donné naissance à la ville en 1676. Dès 1936, son importance stratégique pour la région est acquise : le bois, puis les hydrocarbures y transitent, au centre-ville même.
Dans les années 1970, la pression monte pour relocaliser les réservoirs de pétrole hors du centre-ville — manque d'espace, limite de tonnage des navires, voisinage impossible avec la ville. La chute du trafic d'hydrocarbures à partir de 1981 précipite les choses : le terminal maritime de Grande-Anse est inauguré en 1985, et le vieux port industriel se libère.
Le 23 juillet 1992, la zone portuaire est inaugurée sur l'ancien site industriel : une promenade de bois d'un kilomètre au bord du Saguenay, le plus grand parc urbain de la région — jeux d'eau, petit train, crèmerie, et une scène pour les festivals. Après le déluge de 1996, le quartier se rebâtit et devient le pouls du centre-ville : on y croise le festival international de courts métrages Regard chaque hiver.
C'est dans ce quartier-là — entre le pont et le port — que le Bougre d'Or vous attend, chez CASA.
Sources
- Ville de Saguenay — patrimoine : « Le pont de Sainte-Anne » (ville.saguenay.ca).
- Société historique du Saguenay — circulation maritime près du pont, 1934 (fonds P002, S07, SS1).
- Répertoire du patrimoine culturel du Québec — notice « Pont de Sainte-Anne » (patrimoine-culturel.gouv.qc.ca).
- Radio-Canada — éclairage du pont de Sainte-Anne (2021) ; Wikipédia — « Pont de Sainte-Anne ».
- Zone portuaire de Chicoutimi — site officiel (zoneportuaire.com) ; Wikipédia — « Zone portuaire de Chicoutimi ».
- Port de Saguenay — historique officiel (portsaguenay.ca).
- Notre lecture consolidée — berceau 1676 (SHS, Archilog) : voir « Le Terminus » et « Notre bâtisse ».
Certaines dates varient selon les sources (début des travaux 1931-1932, ouverture 1933) — nous retenons les versions de la Ville de Saguenay et de la Société historique.